L'Assemblée nationale du Bénin a adopté, ce vendredi 10 juillet 2026, une loi marquant un tournant dans l'organisation du système électoral national. Les députés ont voté l'abrogation des dispositions du Code électoral relatives à la Commission électorale nationale autonome (CENA), entraînant ainsi la suppression provisoire de cette institution dans sa forme actuelle, en attendant une restructuration annoncée.
Cette réforme intervient dans un contexte particulier. Après les élections générales de 2026, le pays ne devrait plus connaître de scrutin politique avant plusieurs années. Les auteurs de la réforme estiment qu'il était nécessaire d'adapter l'organisation institutionnelle à cette nouvelle réalité afin d'éviter le maintien d'un organe permanent dont les missions seraient limitées durant cette période.
La loi adoptée abroge les dispositions qui encadraient l'organisation, les missions et le fonctionnement de la CENA, notamment celles relatives au Conseil électoral et à la Direction générale des élections. Toutefois, cette décision ne signifie pas l'abandon de l'organisation des élections au Bénin. Elle ouvre plutôt une phase transitoire au cours de laquelle une réflexion plus large sera menée sur la future architecture de l'organe chargé de la gestion des scrutins.
Le texte prévoit également qu'un décret pris en Conseil des ministres fixera les modalités de conservation du patrimoine de la CENA ainsi que la liquidation des engagements contractés par l'institution. Quant au personnel, il sera mis à la disposition de l'administration publique selon les dispositions prévues par la nouvelle loi.
Cette décision suscite déjà de nombreuses réactions dans les milieux politiques et juridiques. Pour certains observateurs, elle répond à une logique de rationalisation des institutions publiques dans un contexte où aucun scrutin politique n'est prévu à court terme. D'autres estiment qu'il sera essentiel de veiller à ce que la future réforme préserve les garanties d'indépendance, de transparence et de crédibilité du processus électoral.
La suppression provisoire de la CENA constitue ainsi une étape importante dans l'évolution du cadre électoral béninois. Les prochains mois devraient permettre au Gouvernement et aux acteurs concernés de définir les contours de la nouvelle organisation qui aura la responsabilité de préparer les prochaines consultations électorales lorsque le calendrier politique l'exigera.

